Elle a trouvé sa place tout naturellement, sur les
genoux de sa mère... et sur la Harley de son père.
Joy,
7 mois, est enfin entrée dans la vie de la famille
Hallyday. Johnny et Laeticia connaissaient son visage
par cœur depuis le jour où ils avaient reçu sa photo
par
e-mail, en septembre 2008. Mais ce n’est qu’en
décembre
qu’ils ont eu l’autorisation d’aller la chercher au
Vietnam, là où ils avaient déjà adopté Jade,
aujourd’hui
âgée de 4 ans et demi. Ils ont fêté Noël tous les
quatre
pour la première fois à Hanoi. Depuis une quinzaine de
jours, ils sont de retour chez eux, à Los Angeles, et
déjà à la recherche d’une maison, avec une chambre
d’enfant en plus... Johnny entame en mai prochain sa
dernière tournée, «Tour 66» qui durera un an. En
attendant, il veut profiter au maximum de chaque
seconde
passée avec Laeticia et leurs filles, s’émerveiller de
chaque sourire. Et entendre Joy prononcer encore une
fois son tout premier mot : «Papa».
Le 21 décembre, Laeticia m’a envoyé ce SMS : «On
arrive
à Hanoi, et soudain mon cœur s’emplit d’une douce
lumière, d’une grande paix et d’une joie immense.
L’hôtel Métropole, ses odeurs charmeuses, son buffet
de
chocolat, sa douce musique... Je retrouve tous ces
souvenirs laissés ici il y a plus de quatre ans. Notre
chambre... Ces premiers instants où j’ai été maman, où
j’ai reçu les premiers sourires de mon amour, donné le
premier biberon, pleuré des nuits à n’en plus finir en
réalisant que j’étais mère. J’en suis tellement émue
que
les larmes me montent souvent aux yeux... Et voilà,
bientôt Joy sera là aussi... Bientôt, Joy viendra
illuminer notre vie...» Quelle émotion dans ces
lignes!
On parlait depuis des mois de ce deuxième enfant et,
soudain, Laeticia et Johnny n’étaient plus qu’à
quelques
heures de leur fille...
Paris Match. Avant d’arriver jusqu’à Joy, je vous ai
vus, toi et Johnny, espérer. Désespérer aussi,
parfois...
Laeticia. Dès que nous avons eu Jade, en 2004, on a
déposé une nouvelle demande d’adoption.
Johnny. J’ai grandi sans frère ni sœur, sans parent
pour
m’élever. Je sais ce qu’est la solitude d’un enfant,
je
l’ai bien connue et je ne voulais pas de ça pour ma
fille.
Laeticia. On a rencontré beaucoup d’obstacles sur
notre
chemin. On a été soumis à des enquêtes sur notre
couple,
sur les conditions dans lesquelles on comptait élever
ce
bébé... Bien sûr, pour nous qui avons de l’argent,
c’est
facile de promettre de bien le nourrir, de le faire
vivre dans de belles maisons, mais il ne s’agit pas de
ça. Là, c’est de vrai amour qu’on parle...
Johnny. Et on en a à revendre, croyez-moi!
Laeticia. Oui, mais la protection de l’enfance doit
s’assurer de la sincérité des adoptants. C’est normal.
N’empêche, ça a été long. Je commençais à perdre
espoir...
Depuis des mois, pourtant, vous aviez la photo de Joy.
Johnny. Celle de Jade était arrivée par la poste.
Celle
de Joy, je l’ai découverte en septembre sur mon
ordinateur, en ouvrant mes e-mails.
Je n’ai jamais osé vous demander à quoi vous avez
pensé
à ce moment précis.
Johnny. On ne pense pas. On se dit : “Oh, là là mon
Dieu, ça y est! C’est elle...” Bizarrement, je me suis
dit : “C’est la petite sœur de Jade”, avant de
réaliser
que c’était ma fille. J’ai scruté tous les détails. Le
drap à fleurs sur lequel elle était allongée, ses
mains,
son visage... Ça m’a énormément ému. J’ai mis un
moment
avant d’aller voir Laeticia.
Laeticia. Incroyable! Tout s’est passé exactement
comme
pour Jade. J’étais en train de préparer le déjeuner.
Tu
m’as fermé les yeux en disant : “Tu es prête?” Quand
tu
as ôté ta main, j’ai découvert notre enfant. Ça a été
un
choc.
Johnny. Moins que pour Jade, tout de même. A l’époque,
tu avais mis quatre heures avant d’oser regarder la
photo. Impossible de te convaincre.
Laeticia. C’est vrai. Ce bonheur tant désiré, et pour
lequel j’avais tellement souffert dans ma chair et
dans
mon cœur, me faisait peur tout à coup. Comme un
vertige.
Cette fois, tu me confiais d’autres doutes.
Laeticia. Je le disais à mes amies, à ma grand-mère,
mais je n’osais pas en parler à mon mari. J’ai eu très
très peur de ne pas aimer Joy autant que Jade. Peur de
ne pas trouver le juste équilibre et peur aussi que
Jade, bien qu’elle l’ait souhaitée, souffre de
l’arrivée
de sa sœur... Toutes les mamans se posent ces
questions-là. Qui, comme par magie, s’effacent
aussitôt
que tu tiens pour la première fois ton bébé dans les
bras.
Johnny. Moi, c’est maintenant que j’ai des craintes.
Je
ne veux pas être maladroit et que Jade se sente
délaissée. Si j’en prends une sur mes genoux, ensuite,
je prends l’autre. Pas de jalouse.
Laeticia. Depuis six mois, j’ai beaucoup préparé Jade
à
l’arrivée de sa sœur. Elle a un petit porte-monnaie.
Avec les sous que j’ai glissés dedans, c’est elle qui
a
choisi et acheté le premier vêtement que Joy a porté
en
sortant de l’orphelinat. J’ai tenu aussi à ce qu’elle
soit la première à prendre le bébé dans ses bras. Et,
pour la rassurer, nous avons allumé ensemble une
grosse
bougie. Puis avec la flamme de celle-ci, deux autres
plus petites. Je lui ai expliqué que l’amour qui
illumine mon cœur est comme la flamme de la grosse
bougie. Elle a l’air toute petite et, pourtant, si je
la
partage, elle se multiplie sans changer de taille.
L’euphorie provoquée par cette photo n’a pas duré
longtemps, il fallait encore obtenir l’agrément du
Vietnam.
Johnny. Dans ma tête, je me disais tout le temps :
“Elle
est là, elle existe, elle grandit.” Je l’imaginais
dormant par terre sur une natte de bambou. Je sais que
l’orphelinat s’occupe bien des enfants, mais cette
attente, c’est cruel. On ne nous donne pas le droit
d’aller la chercher, alors qu’elle serait si bien avec
nous.
Laeticia. On connaissait le visage de notre fille,
mais
les semaines passaient et nous ne pouvions toujours
pas
la bercer dans nos bras. Je n’arrêtais pas d’appeler
le
Vietnam pour savoir où en était notre dossier. Ils
m’ont
même dit qu’il fallait que j’arrête de les harceler.
J’ai eu peur, alors j’ai arrêté.
Ce silence était terrifiant...
Laeticia. Ils disaient janvier, février, puis mars...
Tu
imagines... Mais il fallait continuer à vivre. Johnny
est parti trois mois à Hongkong pour tourner
“Vengeance”, le film de Johnny To. Le 10 décembre,
avec
ma Jadou, nous sommes allées le rejoindre. Après
l’atterrissage, j’allume mon portable. Un numéro avec
un
indicatif vietnamien s’affiche. Et un message. LE
message : “Vous pouvez venir chercher votre fille. La
cérémonie officielle est fixée au 22 décembre à 14
heures.” Je suis sous le choc. Je pleure, je tremble,
je
n’arrive plus à respirer.
Johnny. Et dire que j’étais sur le tournage et que je
ne
me doutais de rien...
Laeticia. J’ai attendu d’être arrivée à l’hôtel. Je ne
voulais pas te l’annoncer au téléphone. C’est dans les
bras l’un de l’autre que nous avons pleuré ensemble,
de
joie.
Ça a été terrible, Johnny, quand tu as appris que tu
ne
pourrais pas assister à la remise officielle de ta
fille.
Johnny. C’était déchirant. La production a été
formidable. Le plan de travail a été chamboulé pour me
laisser partir cinq jours, mais impossible de décaler
les scènes prévues les 22 et 23 décembre.
Tu laissais des messages sur ton Facebook : “Mes
princesses me manquent!”
Johnny. J’avais le cœur serré. Pendant ces deux jours,
je n’ai pensé qu’à mes femmes et au moment où nous
serions enfin réunis, le 24 décembre. Enfin cette date
prenait tout son sens pour moi. La famille qui m’a
élevé
n’avait pas d’argent. Très petit, on m’a dit que le
Père
Noël n’existait pas. Donc, pas de cadeaux. Problème
réglé.
Il y a trois ans, c’est bien toi que j’ai vu dans
votre
salon avec une barbe blanche et un manteau rouge, près
du sapin?
Johnny. [Il éclate de rire.] Tu te souviens, Jade
était
émerveillée. Avant, c’est Carlos qui faisait ça pour
David. Je veux être celui qui offre du rêve à mes
filles.
Découvrir Joy, ça aussi, c’était un sacré rêve...
Johnny. Le trajet entre Hongkong et Hanoi et l’heure
et
demie qui sépare l’aéroport de la ville m’ont paru
affreusement longs. J’avais un trac indescriptible. Et
puis... l’ascenseur de l’hôtel s’est ouvert sur les
trois femmes de ma vie, qui m’attendaient...
Laeticia. C’était très dur de vivre cette parenthèse
enchantée sans lui, mais le jour J, avec Jade, on
s’est
préparées comme pour une fête. Je lui avais acheté une
très belle robe. Le matin, on est allées chez le
coiffeur... Je n’oublierai jamais ses premiers mots
quand elle a pris Joy dans ses bras : “C’est MA sœur”!
La nuit qui a suivi, on a dormi toutes les trois
ensemble. Et, à ce moment-là, quand tu serres contre
toi
la chair, non pas de ta chair mais de ton âme, ta
toute
petite, qui soudain devient ta grande, et ton bébé, tu
te dis que les épreuves que la vie a mises sur ta
route
sont finalement des richesses. Aujourd’hui, je suis
totalement épanouie.
Tu sais ce qui se dit dans Paris, pourtant?
Laeticia. Ah! oui... il paraît qu’on va divorcer, j’ai
lu ça quelque part. Moi, ça me fait rire. Mon mari,
beaucoup moins! Tu nous vois vivre. On ne joue pas la
comédie. On s’aime très fort, on se respecte et on
s’admire.
Je suis étonnée que vous posiez avec Joy. Certains
vont
encore vous critiquer...
Johnny. Depuis qu’on a eu la petite, les paparazzi ne
nous lâchent pas. C’est pénible. J’espère qu’après
cette
séance photo ceux qui campent devant chez nous vont
enfin nous laisser tranquilles. Je souhaite une vie la
plus normale possible à mes filles. Je demande juste
de
pouvoir marcher dans la rue avec
elles, aller les chercher à l’école sans être traqué
en
permanence. Si on me laissait juste une fois être un
papa comme tout le monde!
Qu’est-ce que tu fais comme un père ordinaire? Ne me
dis
pas que tu changes les couches!
Laeticia. Les gens seraient surpris du contraste entre
l’image de rockeur sur scène et celle de papa poule de
Johnny à la maison. Mon mari est un père très
protecteur. Un vrai patriarche, comme il a toujours
rêvé
de l’être. Pour ses filles, il a appris à donner le
biberon, ce qu’il n’avait jamais fait pour les aînés.
Johnny. J’ai beaucoup regretté de ne pas voir David et
Laura grandir sous mon toit. J’en ai souffert.
Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une vie de famille
stable. Alors, j’en profite. J’avoue, je ne suis pas
encore très à l’aise pour changer une couche. Mais je
fais des efforts et des progrès, n’est-ce pas chérie?
Des progrès aussi pour mieux dompter ce que tu
appelles
tes “vieux démons”. On dirait que tu es plus sage qu’à
une époque...
Johnny. J’ai calmé un peu le rockeur Gémeaux que
j’étais. Fêtard et excessif. J’ai bien l’intention
d’être là quand mes filles auront 20 ans, alors je
prends soin de moi.
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